Injection de gadolinium : à quoi sert ce produit de contraste en IRM ?

L’injection de gadolinium est l’administration, dans une veine du bras, d’un produit de contraste utilisé pendant certaines IRM. Le gadolinium rend plus visibles des tissus comme les vaisseaux, les zones inflammatoires ou les lésions, ce qui aide le radiologue à poser son diagnostic. Cet article explique le déroulement de l’injection, les précautions à connaître et ce qui se passe après l’examen.

À quoi sert le gadolinium pendant une IRM

Le gadolinium est un métal administré par voie intraveineuse sous forme de sel. Une fois dans le sang, il modifie le signal magnétique des tissus où il se répartit, et l’image obtenue montre plus nettement ce qui diffère du tissu sain. Cette différence de signal est ce que le radiologue observe pour distinguer une zone normale d’une zone qui mérite une exploration plus poussée.

A lire également : IRM ouvert pour claustrophobe avis : ce que les patients en disent

Le radiologue y recourt pour rechercher une tumeur, une inflammation ou une anomalie des vaisseaux. Il s’en sert aussi pour explorer le cerveau et la moelle, la prostate ou le bassin : une IRM prostatique avec injection ou une IRM pelvienne permet par exemple de mieux caractériser une zone suspecte repérée sur les images sans produit.

Pourquoi certaines IRM se font sans injection

L’injection n’a rien de systématique. Le radiologue la décide d’après la question posée par le médecin prescripteur, et l’ANSM rappelle que ces produits ne doivent être utilisés que lorsque l’information diagnostique déterminante ne peut pas être obtenue sans contraste.

A lire aussi : Effet secondaire après IRM : quels risques pour les reins avec le gadolinium ?

Une IRM cérébrale sans injection suffit souvent pour répondre à une question simple, comme vérifier la structure du cerveau. Si une anomalie apparaît sur ces premières images, le radiologue peut alors proposer une série avec produit de contraste.

Comment se déroule l’injection de gadolinium en IRM

Un cathéter est posé dans une veine du pli du coude ou de la main avant l’entrée dans la machine. L’injection a lieu en cours d’examen, une fois les premières images réalisées, puis de nouvelles séries sont enregistrées pour comparer les tissus avant et après le produit.

La dose est adaptée au patient et le produit est administré par la veine uniquement. Des sensations passagères peuvent apparaître au moment de l’injection : le patient les signale au manipulateur, qui reste en contact avec lui pendant tout l’examen. L’injection elle-même est brève, et l’examen se poursuit ensuite sans que le patient ait à changer de position, ce qui permet de comparer les images avant et après le produit sur la même région du corps.

Les personnes qui redoutent l’espace clos peuvent s’informer sur l’IRM ouverte pour les patients claustrophobes, qui s’accompagne des mêmes injections quand elles sont nécessaires.

Manipulateur posant un cathéter dans le bras d'un patient avant une IRM

Les précautions avant l’examen

Avant l’IRM, un questionnaire permet de repérer les situations qui demandent une vigilance particulière. Le manipulateur ou le radiologue vérifie notamment les points suivants :

  • un antécédent d’allergie à un produit de contraste, car des réactions d’hypersensibilité sont possibles, le plus souvent dans la demi-heure qui suit l’injection ;
  • une insuffisance rénale sévère, qui peut conduire à renoncer au produit, d’où une prise de sang qui évalue parfois la lecture du débit de filtration glomérulaire ;
  • une grossesse, puisque le gadolinium peut traverser le placenta et que l’injection se réserve aux cas où la situation clinique l’exige.

Sur ce dernier point, l’imagerie médicale pendant la grossesse fait l’objet d’un article à part.

Pour l’allaitement, le produit passe dans le lait en très petites quantités. Selon la fiche d’un produit de contraste, le médecin et la mère décident ensemble de poursuivre l’allaitement ou de le suspendre pendant 24 heures.

Le patient peut aussi refuser le produit de contraste après avoir reçu l’information. Le radiologue explique alors ce que l’examen pourra ou ne pourra pas montrer sans injection, puis le médecin adapte la suite.

Après l’IRM : élimination et reprise des activités

Le gadolinium est éliminé par les reins, dans les urines. Boire de l’eau après l’examen est une habitude courante pour accompagner cette élimination, qui est plus lente lorsque la fonction rénale est altérée : le détail figure dans l’article sur les risques rénaux du gadolinium.

Verre d'eau posé dans une salle d'attente d'hôpital après l'examen

Les réactions allergiques surviennent surtout dans la demi-heure suivant l’injection, ce qui explique que le patient reste sous surveillance un court moment. Des réactions retardées ont été rarement observées.

L’ANSM indique que de faibles quantités de gadolinium restent dans le tissu cérébral, davantage avec les produits dits linéaires qu’avec les produits macrocycliques. Aucune preuve de nocivité de cette rétention n’existe à ce jour, mais les risques à long terme restent inconnus, d’où l’usage limité aux situations où l’injection apporte une information utile.

Le patient quitte le plus souvent le service dans la foulée. Pour savoir s’il peut conduire ou reprendre immédiatement ses activités, il se fie aux consignes données par le service de radiologie, qui tiennent compte d’un éventuel traitement calmant pris avant l’examen. Poser la question avant de partir, au moment de récupérer le compte rendu, évite toute hésitation sur le trajet du retour.

Ne ratez rien de l'actu

Définition de l’obésité et critères de poids associés

Un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30 kg/m² sert de seuil pour qualifier une situation d'obésité selon l'Organisation mondiale de la…

Enjeux environnementaux actuels et leur impact sur l’écosystème

En 2022, la concentration de CO2 atmosphérique a franchi pour la première fois le seuil des 420 ppm, selon l'Organisation météorologique mondiale. Malgré l'adoption…