STERDEX est une pommade ophtalmique associant dexaméthasone et oxytétracycline, prescrite dans des situations cliniques précises : suites de chirurgie oculaire ou infections à germes sensibles avec composante inflammatoire. Son application sur l’œil en récipient unidose obéit à un protocole strict, et chaque écart de geste peut réduire l’efficacité du traitement ou provoquer un effet indésirable.
Dexaméthasone et oxytétracycline : ce que la composition impose comme précautions
La pommade STERDEX combine un corticoïde (dexaméthasone) et un antibiotique de la famille des cyclines (oxytétracycline). Cette double action, anti-inflammatoire et antibactérienne, explique pourquoi ce médicament n’est pas un simple collyre à appliquer sans réflexion.
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La présence d’un corticoïde local implique un risque d’élévation de la pression intraoculaire en cas d’utilisation prolongée. Celle de l’oxytétracycline impose une restriction d’âge : STERDEX est réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de huit ans, en raison du passage systémique et du risque de coloration permanente des dents chez les plus jeunes.
La formule en pommade (et non en solution liquide comme un collyre classique) modifie aussi la technique d’application. La consistance épaisse nécessite un dépôt précis dans le cul-de-sac conjonctival, là où un collyre se dépose simplement en goutte.
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| Caractéristique | STERDEX (pommade ophtalmique) | Collyre antibiotique classique |
|---|---|---|
| Forme galénique | Pommade en récipient unidose | Solution liquide en flacon multidose |
| Composante anti-inflammatoire | Oui (dexaméthasone) | Non (sauf associations spécifiques) |
| Durée de contact avec l’œil | Prolongée (film gras) | Courte (drainage rapide par les larmes) |
| Vision trouble après application | Fréquente, durant plusieurs minutes | Brève ou absente |
| Conservation après ouverture | Usage unique, capsule à jeter après | Variable selon le flacon |

Technique d’application de la pommade STERDEX sur l’œil
La notice ANSM détaille un protocole en plusieurs étapes. Le respect de chaque étape conditionne à la fois l’efficacité du traitement et la sécurité oculaire.
Préparation avant l’application
- Se laver soigneusement les mains avec du savon, puis les sécher avec un linge propre. Toute contamination bactérienne des doigts peut aggraver une infection oculaire existante.
- Couper l’extrémité effilée de la capsule unidose avec une paire de ciseaux propres. Ne pas tenter de déchirer la capsule à la main, car un bord irrégulier peut blesser la paupière ou projeter de la pommade hors de la zone cible.
- Retirer les lentilles de contact avant l’application. Les lentilles ne doivent pas être remises en place pendant toute la durée du traitement sauf avis contraire du médecin.
Le geste d’instillation dans le cul-de-sac conjonctival
Inclinez légèrement la tête en arrière, regardez vers le haut. Avec l’index de la main libre, tirez la paupière inférieure vers le bas pour dégager le cul-de-sac conjonctival, la petite poche entre la paupière et le globe oculaire.
Pressez doucement la capsule pour déposer un ruban de pommade directement dans cette poche. L’embout de la capsule ne doit jamais toucher l’œil ni la paupière, pour éviter toute contamination croisée.
Relâchez la paupière, fermez l’œil doucement pendant une trentaine de secondes. Ce temps permet à la pommade de se répartir sur la surface oculaire. Un clignement immédiat ou un frottement expulserait une partie du produit.
Erreurs fréquentes lors de l’application de STERDEX
Appliquer la pommade directement sur la cornée (surface avant de l’œil) au lieu du cul-de-sac conjonctival est l’erreur la plus courante. Ce mauvais positionnement provoque un réflexe de larmoiement qui élimine une grande partie du produit avant qu’il n’agisse.
Autre piège : réutiliser une capsule unidose entamée. Le récipient unidose de STERDEX ne contient pas de conservateur antimicrobien. Une capsule ouverte doit être jetée immédiatement après usage, même s’il reste de la pommade à l’intérieur. Conserver une capsule ouverte expose à une prolifération bactérienne dans le résidu.
Certains patients appliquent la pommade juste avant de conduire ou de travailler sur écran. La consistance grasse du produit provoque un flou visuel transitoire qui peut durer plusieurs minutes. Privilégier les applications le soir, ou à un moment où la vision nette n’est pas requise immédiatement, améliore le confort sans nuire à l’observance.

Posologie de STERDEX et durée du traitement oculaire
La posologie standard indiquée est de une à trois applications par jour, selon la prescription du médecin. La fréquence dépend de la sévérité de l’infection et de la composante inflammatoire.
La durée du traitement n’est jamais décidée par le patient. En contexte post-chirurgical, l’ophtalmologiste adapte la durée au rythme de cicatrisation. Pour les infections avec composante inflammatoire, la poursuite au-delà de la période prescrite augmente le risque d’effets indésirables liés au corticoïde (élévation de la pression intraoculaire, risque de surinfection fongique par immunosuppression locale).
En revanche, arrêter le traitement prématurément parce que les symptômes s’améliorent est une erreur symétrique. L’antibiotique nécessite une durée minimale d’exposition pour éliminer les germes sensibles. Un arrêt trop précoce favorise la sélection de bactéries résistantes à l’oxytétracycline.
STERDEX et conjonctivite : une indication qui se restreint
Les recommandations relayées par l’Assurance Maladie en 2025 confirment un recadrage : l’antibiotique local n’est plus le traitement de première intention des conjonctivites banales. Les formes légères, qu’elles soient bactériennes ou virales, doivent d’abord être prises en charge par des lavages oculaires fréquents et un collyre antiseptique.
L’association corticoïde-antibiotique de type STERDEX se trouve réservée aux formes sévères ou aux patients présentant un terrain à risque (diabète, immunodépression, pathologie oculaire préexistante). La Haute Autorité de santé a d’ailleurs émis un avis défavorable au remboursement de STERDEX dans les conjonctivites infectieuses, tout en maintenant un avis favorable pour les suites de chirurgie ophtalmologique et les infections à germes sensibles avec composante inflammatoire.
Cette distinction a une conséquence directe sur l’application : utiliser STERDEX sans prescription ophtalmologique préalable, sur un œil rouge dont la cause n’a pas été identifiée, peut masquer une infection grave sous l’effet anti-inflammatoire de la dexaméthasone tout en retardant un traitement adapté.
Le geste d’application, aussi maîtrisé soit-il, ne remplace pas l’évaluation médicale qui le précède. Un œil rouge, larmoyant ou douloureux justifie une consultation avant toute instillation de pommade ophtalmique contenant un corticoïde.

